The Loudest Whisper – scars of leprosy in Brazil
Brazil
Au début de l’année 2007, seulement trois pays au monde n’avaient pas éliminé la lèpre comme problème de santé publique. Parmi eux, le Brésil occupe la place la plus honteuse et la plus triste, totalisant 13 fois plus de cas rapportés que les deux autres pays, soit le Népal et le Timor oriental combinés. Pendant presque tout le 20ème siècle, le traitement pour cette maladie équivalait au confinement complet des patients souffrant de la lèpre. Ces gens étaient retirés de leurs familles et leurs foyers, plusieurs à la pointe d’un fusil par la soi-disant Police Sanitaire et emprisonnés à jamais dans des villages reculés. Après 1976, ces colonies furent partiellement ou totalement désactivées et les patients furent abandonnés sans politique de réintégration sociale. Sans recours, ils continuent d’habiter ces structures archaïques mourant un à un, lentement et silencieusement. Certaines de ces communautés vivent toujours sous ce voile d’irresponsabilité politique et sociale à titre de preuve humaine d’une tragédie perpétuée par la peur et l’ignorance. L’histoire de ces gens abandonnés a été trop peu rapportée au Brésil, comme partout au monde, pendant des années, peut-être dû à l’aspect cruel de cette maladie ou par la difficulté du Brésil de confronter sa propre indifférence. Indifféremment, leur décès ne peut être considéré comme une solution à cette situation que l’ordre social établi n’a pu résoudre. Depuis octobre 2005, je suis cette histoire, tentant de faire le portrait de ces brésiliens. Mon objectif consiste à produire un document indéniable d’un passé récent qu’on ne peut se permettre d’oublier.
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by anthropographia
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